Neuf nouvelles espèces de papillons découvertes dans les archives du musée

28

Une étude collaborative internationale, s’appuyant à la fois sur des spécimens historiques et sur le séquençage génétique moderne, a identifié neuf espèces de papillons jusqu’alors inconnues, cachées à la vue de tous dans les collections des musées. La découverte souligne la valeur critique, mais souvent négligée, des archives d’histoire naturelle pour la recherche sur la biodiversité.

Le pouvoir de « l’ADN ancien »

Pendant des décennies, les entomologistes se sont appuyés sur des caractéristiques visuelles pour classer les papillons. Cependant, des différences subtiles peuvent facilement passer inaperçues, en particulier entre des espèces étroitement apparentées. La percée est venue de la combinaison d’échantillons de papillons centenaires avec un séquençage d’ADN de pointe. Les chercheurs du projet AMISTAD, dirigé par le Natural History Museum de Londres, ont extrait du matériel génétique, même à partir de fragments comme une seule patte de papillon vieille de plus de 100 ans, pour résoudre la confusion taxonomique.

“En comparant l’ADN moderne avec l’ADN ancien provenant de spécimens historiques, nous pouvons résoudre des espèces longtemps confuses et inaperçues et découvrir une biodiversité plus grande que celle connue auparavant.” – Christophe Faynel, Entomologiste.

Cette approche a révélé neuf espèces distinctes au sein du genre Thereus de papillons sud-américains, un groupe trouvé dans les néotropiques. Les résultats ont été récemment publiés dans la revue Zootaxa.

Pourquoi c’est important maintenant

Le moment choisi pour cette découverte n’est pas accidentel. Les forêts tropicales d’Amérique du Sud, habitat naturel de ces papillons, subissent une déforestation rapide. L’identification de ces espèces est désormais essentielle car certaines sont peut-être déjà éteintes ou sur le point de l’être. Les chercheurs ont donné la priorité au genre Thereus en raison de sa vulnérabilité, garantissant ainsi que les efforts de conservation peuvent cibler les populations à risque.

Les espèces nouvellement nommées comprennent Thereus cacao, T. ramirezi et T. confusus, avec des noms reflétant à la fois les origines géographiques et les défis taxonomiques surmontés.

Les musées comme « archives irremplaçables »

L’étude met en évidence le potentiel inexploité des collections d’histoire naturelle. Le Musée d’Histoire Naturelle de Londres possède à lui seul cinq millions de spécimens de papillons, certains remontant aux années 1600. Ces archives ne sont pas de simples reliques du passé ; ce sont des bibliothèques vivantes de la biodiversité.

« Certaines espèces nouvellement identifiées ont été collectées il y a un siècle dans des habitats qui pourraient ne plus exister, mettant en péril l’existence de ces espèces et soulignant l’urgence de ce travail. » – Blanca Huertas, conservatrice principale des papillons.

Les résultats démontrent que même après des siècles, les collections des musées restent une ressource vitale pour comprendre et conserver les écosystèmes terrestres en évolution rapide.

En fin de compte, cette recherche nous rappelle brutalement que la biodiversité de la planète est bien plus riche – et plus fragile – qu’on ne l’imaginait auparavant.

попередня статтяL’administration Trump arrête les projets éoliens offshore en raison de risques de sécurité non spécifiés
наступна статтяBatteries lithium-ion et arbres de Noël secs : risques d’incendie pendant les fêtes avertis par l’agence américaine de sécurité