Les inquiétudes croissantes concernant le temps passé devant un écran par les enfants conduisent à des réglementations fédérales

21

Le débat sur l’utilisation de la technologie par les enfants s’intensifie rapidement, passant des interdictions d’écoles locales aux propositions de lois fédérales qui pourraient restreindre l’accès aux médias sociaux pour les moins de 13 ans et réglementer le contenu pour les adolescents plus âgés. Ce qui a commencé il y a cinq ans sous forme de politiques de classe dispersées est désormais un effort bipartisan à Washington, D.C., avec des législateurs aux prises avec la manière d’équilibrer l’apprentissage, la socialisation et le divertissement à l’ère numérique.

Cette initiative intervient dans un contexte d’intérêt fédéral croissant pour la réglementation technologique, le Congrès et la Maison Blanche prenant des mesures. En janvier, les sénateurs Ted Cruz et Brian Schatz ont tenu une audience intitulée « Plugged Out », soulignant les méfaits potentiels d’un temps d’écran excessif. Pendant ce temps, le décret de l’administration Trump « Faire progresser l’éducation à l’intelligence artificielle pour la jeunesse américaine » fait pression pour une plus grande intégration de l’IA dans les salles de classe. Cela crée un paradoxe : alors que certains prônent une limitation du temps d’écran global, d’autres défendent l’IA comme outil pédagogique.

La marée montante des restrictions

Plus de la moitié des États ont déjà mis en place une forme d’interdiction des téléphones portables dans les écoles, la Floride menant la charge en s’orientant vers des restrictions « de cloche en cloche », interdisant entièrement les téléphones pendant les heures de classe. Cette tendance reflète un consensus croissant selon lequel l’utilisation excessive des écrans est préjudiciable aux étudiants, même si les débats se poursuivent sur la question de savoir si les interdictions doivent être uniformes dans tous les districts ou laissées au contrôle local.

La législation fédérale proposée, la Kids Off Social Media Act, irait plus loin en interdisant aux enfants de moins de 13 ans d’utiliser les plateformes de médias sociaux et en obligeant les écoles à limiter l’accès à leurs réseaux. Cela fait suite à des discussions plus larges sur la confidentialité et la sécurité en ligne, les législateurs reconnaissant les défis auxquels les parents sont confrontés dans un paysage numérique en évolution rapide.

La tension non résolue

Les experts ne sont pas d’accord sur la question de savoir si la solution réside dans des réglementations plus strictes ou dans des approches plus nuancées. Certains, comme Brian Jacob de l’Université du Michigan, pensent que l’intégration de l’IA peut coexister avec des limites de temps d’écran, ce qui suggère que l’utilisation éducative diffère fondamentalement du divertissement. D’autres, dont Annette Anderson de Johns Hopkins, soutiennent que les interdictions scolaires à elles seules ne suffisent pas, car le véritable problème réside dans la gestion du temps passé devant un écran en dehors de la salle de classe.

Le manque de cohérence entre les écoles est également préoccupant. De nombreux États ont des directives vagues, laissant l’application aux enseignants sans instructions claires sur le stockage ou la mise en œuvre. Certains soutiennent que les mandats fédéraux pourraient submerger le contrôle local, tandis que d’autres estiment que des restrictions uniformes sont nécessaires pour un changement efficace.

Vue d’ensemble

La pression en faveur d’une réglementation reflète une reconnaissance croissante du fait que l’impact de la technologie sur les enfants est un problème systémique et non seulement un problème au niveau scolaire. Alors que le débat se poursuit, il est clair que les décideurs politiques et les éducateurs subissent une pression croissante pour s’attaquer aux méfaits potentiels du temps d’écran excessif et créer un environnement numérique plus équilibré pour les jeunes.

En fin de compte, l’efficacité de ces efforts dépendra d’une mise en œuvre cohérente, de lignes directrices claires et d’une discussion plus large sur la manière de gérer l’utilisation de la technologie dans des contextes éducatifs et personnels.