Les scorpions infligent environ 1 à 2 millions de piqûres par an, dont au moins 3 000 entraînent la mort, principalement chez les enfants des régions dépourvues de soins de santé adéquats. Le danger n’est pas aléatoire ; cela est lié à l’endroit où ces prédateurs prospèrent. De nouvelles recherches révèlent que les scorpions les plus dangereux ne sont pas seulement influencés par la température ou les changements saisonniers, mais principalement par le type de sol.
Les piqûres de scorpion : un problème de santé mondial
Le problème se concentre dans les zones reculées où l’aide médicale est rare, mais même les centres urbains, comme ceux du Maroc, signalent d’importantes blessures liées aux scorpions. La recherche sur les antivenins est essentielle, mais une prévention efficace nécessite de comprendre précisément où vivent les espèces les plus mortelles. Sur plus de 2 000 espèces de scorpions, seules une centaine constituent une véritable menace pour l’homme.
« Globalement, nous savons très peu de choses sur l’écologie des scorpions, leur venin et la meilleure façon de traiter les piqûres de scorpions », explique Michel Dugon, directeur du Venom Systems Lab de l’Université de Galway.
Le rôle inattendu de la composition du sol
L’équipe internationale de Dugon, dans une étude publiée dans Environmental Research Communications, a découvert que le type de sol est le facteur dominant déterminant l’habitat des scorpions. À l’aide d’observations sur le terrain et de modélisation informatique, ils se sont concentrés sur le Maroc en raison de son incidence élevée de piqûres de scorpions, mais la méthode est transférable dans le monde entier.
L’étude révèle que certaines compositions du sol créent des conditions idéales pour que les scorpions prospèrent, quelles que soient les fluctuations de température. Cela signifie que les zones à haut risque peuvent être identifiées avec une plus grande précision qu’on ne le pensait auparavant.
Prévenir les décès grâce à une santé publique ciblée
Cette découverte a des implications directes pour la santé publique. En cartographiant les habitats des scorpions en fonction du type de sol, les autorités peuvent :
- Concentrer les campagnes de sensibilisation sur les zones à haut risque.
- Former le personnel médical de première ligne à reconnaître et traiter efficacement les piqûres.
- Mettre en œuvre des programmes de prévention ciblés, notamment auprès des enfants.
L’approche est évolutive et peut être appliquée dans des régions comme le Brésil, le Moyen-Orient et l’Inde. La capacité de prédire la répartition des scorpions en fonction de la composition du sol pourrait réduire considérablement le nombre de décès parmi les populations vulnérables. Il ne s’agit pas seulement de science ; il s’agit de sauver des vies là où elles sont le plus menacées.
