Comment fonctionne le pléonasme : redondance intentionnelle et erreurs verbales

6

La redondance n’est pas toujours une erreur. Parfois, il s’agit d’un choix stylistique délibéré visant à donner du punch à une phrase. Ce dispositif rhétorique s’appelle le pléonasme. Cela repose sur l’utilisation de plus de mots que ce qui est strictement nécessaire pour transmettre un message. Le but n’est pas la clarté. Le but est de mettre l’accent.

Prenez la phrase : “Je l’ai vu de mes propres yeux.”

Logiquement, on ne peut voir les choses qu’avec les yeux. Dire « avec les miens » n’ajoute aucune information factuelle. Cela ajoute du poids. Cela oblige le lecteur à faire une pause. Il s’agit d’un pléonasme intentionnel. Les écrivains l’utilisent pour intensifier le drame. Cela incite le lecteur à se pencher.

Mais la plupart des gens l’utilisent par accident.

Dans la conversation quotidienne, le pléonasme se transforme souvent en ce que les linguistes appellent un pléonasme « vicieux ». C’est une redondance qui ne sert à rien. Cela encombre le discours. Cela semble amateur. Pensez à ces erreurs courantes :

  • « Sortez vers l’extérieur. » (Vous ne pouvez pas entrer si vous sortez.)
  • « Voler dans les airs. » (Qu’y a-t-il d’autre à travers lequel voler ? Le sol ?)
  • « Entrez vers l’intérieur. » (À moins que vous n’entriez sur la terre, vous entrez.)

Ces phrases sont grammaticalement faibles. Ce sont des tics verbaux. Cela se produit parce que les locuteurs répètent des concepts déjà impliqués par le verbe.

Quand la redondance devient un défaut

Un pléonasme vicieux se produit lorsqu’un mot répète le sens du sujet ou du verbe. Si vous le supprimez, la phrase a toujours un sens. Cela perd simplement l’accent maladroit.

Les exemples incluent :

  • « Ferme ta bouche. » (Vous ne pouvez pas fermer les yeux avec votre bouche.)
  • « Mangez avec votre bouche. » (Essayez de manger avec vos oreilles.)
  • « Avancez. »

Ce ne sont pas des fioritures stylistiques. Ce sont des défauts dans l’usage du langage. Ils signalent que l’orateur n’a pas choisi ses mots avec soin.

Cependant, la frontière entre une mauvaise redondance et une bonne emphase est mince. Considérez ces exemples littéraires où le pléonasme fonctionne :

  • «Une justice juste et équitable.»
  • “Il s’est envolé dans les airs.”
  • « Il a été écrit de ma propre main et de ma propre plume. »
  • «Peint de mes propres mains.»

Dans ces cas-là, la répétition crée un rythme. Il ancre l’action dans le corps physique. Cela semble réel.

Miguel Hernández a écrit : « Tôt ; l’aube s’est levée tôt, tu te roules par terre tôt. »
Juan Ramón Jiménez a écrit : « Embrasse-moi avec des baisers sur la bouche… si loin de toi ! »

Ici, la redondance est poétique. Il imite l’intensité de l’émotion. On ne peut pas discuter avec l’art.

Pléonasme contre Oxymoron

Il est facile de confondre pléonasme et oxymore. Ils sont opposés.

Un pléonasme répète la même idée avec des mots différents. Cela dit deux fois la même chose.
Un oxymore combine deux termes contradictoires. Cela crée une signification nouvelle et complexe à partir du conflit.

Napoléon Bonaparte a dit : « Habille-moi lentement, car je suis pressé. »
C’est un oxymore. Un habillage lent contredit la précipitation. La tension crée du sens.

Charles Baudelaire a écrit à propos de *« horrible