Quoi de pire qu’un cafard géant.
Peut-être celui qui porte un costume. Et respire sous l’eau pendant des heures.
Cela ressemble à de la mauvaise science-fiction. Mais les chercheurs les ont réellement construits. Ils ont transformé les cafards siffleurs de Madagascar en cyborgs amphibies. L’étude vient de paraître dans Nature Communications.
Ces insectes ne sont pas des nageurs naturels. Ils reçoivent un appareil de plongée. Cela ressemble à une coquille avec des tubes à oxygène attachés à leurs stigmates thoraciques, essentiellement les trous qu’ils utilisent pour respirer de l’air. Les tubes agissent comme un régulateur. Comme un équipement de plongée mais minuscule.
« Nous lui avons permis de survivre… en le transformant en un cyber-robot amphibie. »
L’idée est simple. Les insectes terrestres détestent l’eau. Cette configuration les trompe. Ils peuvent désormais opérer là où l’oxygène est faible, voire inexistant. Sous l’eau, ils vivent.
Pourquoi des cafards.
Parce qu’ils sont durs. Ils sont gros : environ 7,5 centimètres, soit à peu près la longueur de votre doigt. Et ils durent. Ils vivent jusqu’à cinq ans si vous ne les écrasez pas. La plupart des autres bugs meurent trop vite ou se cassent trop facilement.
Vous n’en utiliserez probablement pas pour nettoyer votre évier de cuisine. Le véritable objectif, ce sont les zones sinistrées. Ruines inondées. Des pipelines dans lesquels les humains ne peuvent pas pénétrer. Des endroits humides, sombres et pleins de débris.
Hirotaka Sato dirige l’équipe de l’Université technologique de Nanyang. Il dit que les routes sont bloquées après les inondations. Les voies d’accès disparaissent. Un petit robot n’a pas besoin de route. Il faut qu’il rampe. Et nager.
Peut-il remplacer un chien de recherche et de sauvetage humain ? Peut-être pas aujourd’hui. Mais cela ouvre une voie. Une voie amphibie.
Les criquets pourraient subir le même traitement plus tard. Les coléoptères aussi. La plateforme ne se limite pas à cette seule espèce. Mais pour l’instant c’est du genre sifflement. Assez fort pour être entendu au-dessus des bulles.
Vers quoi d’autre nageront-ils ? Nous le saurons bien assez tôt


























